Le lac Victoria meurt !

Publié le par Onéma

Joyaux de la biodiversité piscicole, le lac Victoria est connu par les aquariophiles pour ces chiclidés uniques au monde.


Ce lac abrite 400 espèces de ces petits poissons territoriaux et dans ce lac incubateurs buccaux (ils protègent leurs oeufs et leurs petits en les prennant en bouche). Le plus grand lac d'Afrique (68 000 km2), grand comme l'Irlande, est un lac tectonique situé sur le bassin du Nil.





Le documentaire le "Cauchemar de Darwin" nous a fait découvrir la pauvreté des populations autochtones et le problème de l'introduction et surtout de l'exploitation de la perche du Nil.



Aujourd'hui Yahoo nous donne une information sans doute bien plus catastrophique dont je copie ici le contenu :


Egout, rejet d'usine, détergent: au Kenya, tout finit dans le lac Victoria
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LAC VICTORIA (AFP) - A grand renfort de détergent, un jeune homme lave un bus sur une plage kényane du lac Victoria. Une femme fait sa vaisselle dans une eau polluée par des rejets industriels et les égouts. Journée ordinaire pour le plus grand lac d'Afrique, vecteur de maladies et dont l'avenir inquiète.

Sur cette plage de Kisumu (ouest, troisième ville du Kenya), pas moins de 500 véhicules sont lavés quotidiennement dans le lac par 300 jeunes hommes, pour un salaire journalier d'environ 300 shillings (3,5 euros).
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A l'entrée de la plage, un panneau indique pourtant que cette activité est illégale.

Patrick Otieno, 29 ans, laveur de voiture depuis 3 ans, "sait qu'il pollue le lac", mais affirme qu'il "n'a pas d'alternative" car "il faut bien qu'il ait à manger à la fin de la journée". "Environ 1.000 personnes travaillent autour de cette plage et il n'y a qu'une seule latrine, payante. Du coup, les gens utilisent des toilettes en plein air", déplore Erick Muok, 28 ans, chercheur à l'Institut kényan de recherche médicale (Kemri). Rien que sur la côte kényane du lac, "il existe 20 sites semblables de laveurs de voiture", ajoute-t-il. "100% des laveurs de voiture ont la bilharziose. Il est très rare de voir des personnes en bonne santé parmi celles qui ont des activités liées au lac", témoigne Diana Karanja, membre du Kemri, basé à Kisumu. Le lac Victoria, dont dépendent 30 millions de personnes qui vivent sur ses rivages au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, est le plus grand lac d'eau douce d'Afrique et le deuxième au monde. Il représente un véritable poumon économique pour l'Afrique de l'Est. "Chaque jour, des millions de litres d'égouts non traités sont déversés dans le lac depuis les centres urbains", relève un rapport du Programme de l'Onu sur les Grands Lacs publié en 2006. Au Kenya, sur de nombreuses plages de pêcheurs, les mêmes scènes se répètent: plusieurs fois par jour, des femmes viennent puiser l'eau de cuisine - voire de consommation - non loin de la berge polluée. Bilharziose, choléra, pneumonie, vers intestinaux, diarrhée, maladie de peau figurent parmi les "maladies d'eau" qui touchent les personnes travaillant dans ou au bord du lac. "En terme de quantité et de qualité de l'eau (du lac), la situation est mauvaise et s'aggrave", confie Ladisy Chengula, spécialiste des ressources naturelles au bureau de la Banque mondiale à Nairobi. "La situation sanitaire (autour du lac) devient alarmante", relève Daniel Olago, enseignant universitaire à Nairobi et l'un des auteurs du rapport de l'Onu. Selon lui, les amendes frappant les industries polluantes installées au bord du lac (café, thé, coton, maïs, sucre, bière, etc.) "ne sont pas assez importantes" pour être dissuasives. Le niveau du lac, dont l'apport en eau dépend à 80% des précipitations et pour 20% des rivières, a "baissé de 1,5 mètre lors des quatre dernières années", affirme M. Chengula, ajoutant: "en janvier dernier, le lac n'était que 17% au dessus du plus bas niveau enregistré en 1923". "L'un des problèmes majeurs est la quantité de sédiments déversés dans le lac, à cause de méthodes agricoles médiocres et de la déforestation pratiquée par les habitants pour le bois de chauffe", témoigne M. Olago. Ce phénomène accroît l'eutrophisation du lac, c'est-à-dire son appauvrissement en oxygène. Une situation qui s'apparente à un cercle infernal: plus la pauvreté progresse, "plus les gens ont besoin du lac pour survivre" et moins ils respectent les ressources naturelles, relève Mme Karanja. "Cette situation doit être inversée, sinon nous atteindrons le point critique où le lac ne sera plus utile" pour personne, avertit-elle.

Pour un limnologue, la pollution d'un lac est pire que la pollution d'un cours d'eau !
En effet dans des eaux stagnantes, les matières polluantes sédimentent au fond du lac et il n'y a jamais de crues pour nettoyer le substrat qui s'envase et s'empoisonne à jamais.

On a beau stopper les sources de pollution d'un lac, si trop de sédiments (érosion des sols), trop de métaux lourds (industries), trop de  détergents, trop de phosphates, etc s'y sont accumulés,  un lac peut s'eutrophiser définitivement. C'est d'ailleurs sa finalité avant son comblement. Mais à une échelle géologique.

A l'échelle de l'humanité, la perte sera irremplaçable et irréparable.

Publié dans Infos

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referencement 24/04/2006 20:51

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