Projet de loi sur l'eau: débat relativement consensuel au Sénat

Publié le par Onéma

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PARIS (AFP) - Le Sénat a entamé jeudi sa session extraordinaire avec l'examen en deuxième lecture et dans un climat relativement consensuel du projet de loi visant à "un bon état écologique des eaux" en 2015, en conformité avec une directive européenne.

"Même imparfait, ce texte est nécessaire", a reconnu pour le PS Paul Raoult, insistant comme tous les intervenants dans la discussion générale sur la nécessité, accentuée par le changement climatique, de mieux gérer une ressource vitale. La ministre de l'Ecologie Nelly Olin a inscrit son texte dans "l'action conduite par le gouvernement pour relever les grands défis environnementaux du XXIe siècle", évoquant "le changement climatique dont l'impact se fait directement sentir dans le domaine de l'eau". Il s'agit "de renforcer nos outils pour mieux préserver les ressources en eau, de faciliter la tâche des élus ruraux dans le domaine de l'eau et de l'assainissement, d'améliorer la gouvernance de la politique de l'eau, avec notamment le renforcement du dispositif des agences de l'eau en donnant une assise constitutionnelle aux redevances qu'elles prélèvent", a-t-elle ajouté. Pour autant, sauf dans les rangs de l'UMP, l'enthousiasme n'était pas au rendez-vous. "Malgré certaines avancées notables, ce texte est loin de répondre aux attentes légitimes de ceux qui sont sensibles aux évolution négatives en termes de préservation de la ressource et de qualité de la ressource", a déploré M. Raoult. "Il nous faut des politiques plus rigoureuses, axées beaucoup plus sur le préventif que le curatif", a-t-il insisté. "L'eau est unique, l'eau est irremplaçable, l'eau est indispensable à tout ce qui vit. Elle n'est pas inépuisable, elle ne peut être soumise aux lois du marché". Evelyne Didier pour le groupe communiste a également dénoncé une "démarche curative et non pas préventive". "Ce texte assure le désengagement de l'Etat en transférant la mise en oeuvre de la loi vers les collectivités locales et les agences de l'eau. Il reporte la dépense sur le consommateur-payeur. Il applique la règle de la concurrence en ouvrant davantage des portes des services de l'eau et de l'assainissement au privé", a-t-elle protesté. Le radical François Fortassin (RDSE) n'a guère trouvé au projet de loi que "le mérite d'exister". Il en a critiqué la "connotation essentiellement écologique". "Où sont la solidarité et le partage?" a-t-il demandé. "Bonne volonté incontestable mais manque de souffle". L'UDF Jean Boyer a pour sa part appelé ses collègues à "se rassembler autour de l'intérêt général" pour adopter "un texte équilibré permettant de poser les jalons de l'avenir". "L'eau n'est ni de droite, ni de gauche, ni du centre", a-t-il plaisanté. Même les Verts ont modéré leurs critiques. "Assez de discours, assez de constats alarmants, il faut agir!" s'est exclamée Dominique Voynet pour qui "il faudra bien, un jour, changer les pratiques agricoles". Son collègue Jean Desessart a de son côté plaidé pour une "tarification progressive de l'eau"

L'ensemble des débats est consultable sur le site du Sénat.

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