Politique de l'eau : prévenir ou guérir ?

Publié le par Onema

L’eau, n’est plus qu’un bien marchand !

 

Je vous conseille vivement la lecture de 2 très bons articles qui dénoncent la privatisation de potabilisation, de la distribution et de l’épuration de l’eau :

 

-         « Ne sèche pas tes larmes bois les » par l’Aiguillon : http://eau.apinc.org/article.php3?id_article=336

-          et « Les services publics de l’eau Le modèle français, un modèle à ne pas suivre » de Olivier Marcant pour Attac France : http://www.france.attac.org/IMG/pdf/service_publics_eau.pdf

 

Pour résumer grossièrement, ces 2 articles dénoncent les bénéfices scandaleux de quelques multinationales grâces aux contrats qu’elles passent avec nos municipalités ou syndicats intercommunaux. Ces sociétés nous facturent l’eau 15 à 20% plus cher que quand le même service est assuré en régie municipale.

 

J’ajoute que le pire c’est qu’on paye 2 fois ce service puisque les investissements des communes en réseaux (distribution et collecte des eaux usagées) et en station d’épuration sont subventionnés par les Agences de l’eau dont le budget provient à plus de 80% de notre facture d’eau !

 

Je voudrais dans ce billet, faire un parallèle avec un autre article rédigé par le mouvement alter mondialiste ATTAC : « Baisser les impôts : utile, juste, efficace »  http://www.france.attac.org/a2557

Cet article dénonce la baisse des revenus de l’état suite aux diminutions d’impôts prônées par le néolibéralisme sous prétexte de relancer la croissance donc la consommation donc l’emploi (quels emplois ? Quel pouvoir d’achat ?). « L’idéologie néolibérale tente de promouvoir une fiscalité prétendue simple, neutre, efficace, et ne perturbant pas la concurrence. Elle devrait être réduite au seul financement des missions régaliennes (police, justice, défense). Elle n’aurait pas pour but de redistribuer, de corriger les inégalités, d’inciter ou de modifier certains comportements puisque ces objectifs seraient assurés par le jeu de la concurrence et du marché ».  Tiens c'est comme pour la distribution de l’eau alors !

 

En résumé, pour les libéraux, tout ce qui peut rapporter de l’argent, DOIT être privatisé. La concurrence est censée assurer la compétitivité des coûts et/ou la qualité du service.

 

Que se passe t’il quand des trusts se partagent un marché en évitant de se concurrencer ?

 

Et surtout, que rapporte une politique de préservation ou de restauration des capacités auto épuratrices des milieux aquatiques en face des milliards que rapporte chaque année le marché de l’eau?

 

Alors à votre avis quelle politique sera-t-elle choisie par les libéraux ?

Qui recommandait de voter pour une constitution ultra-libérale, ou les marchés (comme celui de l’eau) ne doivent pas être faussés par les états* ?

 

Merci aux peuples français et bataves d’avoir rejeté cette politique. Mais assurez vous d’avoir été écoutés par vos élus cela même qui ont voté oui …

 

Que préférez vous : prévenir ou guérir ?

Pensez y en remplissant les questionnaires des Agences…

 

 

 

(*) Réponse : la droite, le PS et même les verts !

 

 

Publié dans politique de l'eau

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Onéma 24/07/2005 11:23

Des preuves de l'arnaque à l'eau !
Cliquez sur le lien ci dessous

juju73 08/06/2005 14:44

je trouve ton blog très sympa, je te propose de mettre le mien en lien si ça t intéresse, il traîte un peu aussi du même sujet.
Je vais mettre le teins en lien sur mon site

Onema 05/06/2005 22:03

Voila une vraie idée nouvelle …

J’avoue ne jamais y avoir pensé. Il faut creuser l’idée et ouvrir un débat avec une audience plus large que celle de ce blog très « confidentiel ».

A chaud, je vois bien les avantages du système qui élimine la corruption et garantie le respect des engagements politiques. Mais une vraie démocratie comme celle-ci pourrait-elle exister dans un pays aussi vaste et diversifié que la France ou dans une fédération européenne ?
Cela nécessiterait des décisions (il ne faudrait plus parler de référendum) populaires fréquentes. Les Français sont-ils prêts comme les Suisses à se rendre régulièrement aux urnes ? En théorie, on pourrait décider lors d’une même consultation des budgets de la commune, de l’intercommunalité, du département, de la région, du bassin, de la France et de l’Union Européenne. Mais on risquerait d’aboutir à des décisions contradictoires donc des gaspillages. De plus tous ces budgets sont impliqués. Le fonctionnement des communes dépend de la décision prise au niveau supra. Inversement en cas de décentralisation, le budget de l’état dépend des décisions des régions ou des départements.
Il faudra donc autant de votes qu’il y a de budgets et dans des ordres bien déterminés en fonctions des compétences des différents niveaux. Il faudra en plus que les programmes budgétaires aient la même durée…

Enfin et ce n’est pas le moindre écueil, il conviendrait que chaque citoyen soit bien conscient des tenants et des aboutissements de chacune des décisions. Cela nécessite une qualité des campagnes électorales au moins aussi bonne que celle que nous venons de vivre. Ce n’est pas gagné si l’on doit compter sur la condescendance des médias pour nous expliquer la « chose publique ».

Que se passe t’il pour les investissements à long terme (enseignement, recherche, défense) si une majorité se déclare pour un changement radicale ou pour ne politique à très court terme ?

J’ai peur de l’individualisme. Je pense que la majorité des français (la majorité des occidentaux) optera pour un profit immédiat. Quand on touche à notre porte monnaie, nous sommes tous des égoïstes donc des libéraux. Qui n’a jamais été dans une grande surface en se disant « c’est décidé je remplace toutes mes ampoules classiques par des fluorocompactes », et n’est revenu qu’avec 2 ou 3 de ces ampoules écologiques devant l’investissement immédiat dont pourtant on nous garantie l’amortissement ?

Reprenons l’exemple du budget de la PAC. Je ne suis pas pour une agriculture productiviste ni pour l’actuelle PAC. Je suis sûr que si les européens préféraient une brutale redistribution du budget européen, il y aurait une crise chez les agriculteurs qui vivent des primes PAC. Les faillites qui s’en suivront occasionneront dans un premier temps une chute de la production. Dans un second temps, les prix augmenteront en faveur de l’agriculture bio qui touche peu de primes. Mais comme tout le monde ne pourra pas suivre cette augmentation du coût de la vie, le contre coup risque de favoriser un regroupement encore plus important de l’agriculture intensive pour faire baisser les prix. Profitant des faillites, les grandes exploitations qui auront survécues s’agrandiront encore, s’industrialiseront encore plus pour que leurs marges s’égalisent avec celles des bios mais pour un prix de vente beaucoup plus faible et au détriment de la qualité des produits, de la santé des consommateurs et de l’environnement. Des régions climatiquement et géographiquement peu favorables aux cultures rentables risquent de devenir des déserts et d’autres des zones réservées à la production. Au final, on aura un système libéral à 2 vitesses entre ceux qui peuvent se permettre d’acheter des produits de qualité et ceux beaucoup plus nombreux qui seront financièrement contraints de survivre avec leurs pouvoir d’achat finalement plus faible qu’avant.

Non, je ne suis pas pour laisser les problèmes à court terme des gens, décider d’orientations capitales pour leur avenir, celui de leurs enfants et de notre planète.

Non je réclame à nos dirigeants des politiques à long terme. Il faut que les politiques agricoles, de l’aménagement du territoire, énergétiques, de la recherche, etc soient cohérentes et ne consomment pas le capital de la planète.
Il faut aussi que les scientifiques, l’éducation nationale et les médias puissent nous expliquer plus objectivement et rapidement les avancées techniques et scientifiques, pour que l’on puisse prendre rapidement les bonnes décisions.
Les débats contradictoires sur les OGM, le réchauffement de la planète, la diminution des énergies fossiles, le retraitement des déchets (ic radioactifs) doit furieusement ressembler à ceux qu’ont du connaître Galilée, Newton, Darwin, ou encore Pasteur lorsqu’ils ont du convaincre leurs contemporains (ou y renoncer pour sauver leur vie) de la justesse de leurs découvertes. Les lobbies sont aujourd’hui financiers contre religieux hier, mais la perte de temps pour prendre les décisions est beaucoup plus grave aujourd’hui où tout s’est accéléré.

Sera-t-il plus facile d’expliquer les avancées technologiques à 400 millions de plombiers européens ou à 400 députés européens ?

Toutefois, je trouve l’idée de nous prononcer sur des budgets, intéressante. Je reconnais que c’est le nerf de la guerre. Cela sera mieux quand on nous expliquera clairement au moment de voter à qui (et selon quels processus) bénéficiera l’argent de nos impôts. On pourrait tenter cette expérience à l’échelle d’une commune et sur une part seulement du budget. On assume les engagements pris (emprunts, salaires, charges fixes) mais pour le reste cela serait une formidable leçon de démocratie et un formidable programme électoral.

Si j’avais le courage un jour, d’affronter les urnes, cette idée me plairait. Mais ne pourrait-on pas convaincre quelques élus ? Beaucoup de questions se soulèvent. Faut-il une dose de proportionnelle dans la décision finale ? Comment rendre compte des résultats ? Comment ne lutter contre la démagogie ?

Onéma

Pascal l'ami céréalier 05/06/2005 01:25

A bas les sondages creux, vive le "vote budgétaire direct"

Ce questionnaire débile (Etes-vous prêts à payer plus pour mieux dépolluer l'eau ? Préférez-vous une agence de l'eau efficace ou autre chose de moins efficace ?...) me rappelle furieusement la campagne du referendum sur le Traité de Constitution Européenne…
Les dirigeants continuent à nous prendre pour des Gogols...Ils nous font croire qu'ils vont écouter ce qu'on dit et qu'ils vont être nos "représentants"… Or il n'y a qu'un seul bulletin de vote qui soit vraiment écouté, c'est le porte-monnaie. Si les gens se déclarent dans le questionnaire POUR une augmentation de la redevance (pour la dépollution de l'eau), mais qu'ils continuent à acheter des lessives avec polyphosphates, c'est n'importe quoi …
L'important n'est pas ce que pensent les citoyens, ni pour qui ils votent, mais bien ce qu'ils font (et notamment ce qu'ils font de leur argent…).
Je lance donc l'idée d'un nouveau type de consultation du citoyen: le "vote budgétaire direct": chaque électeur dispose du droit de répartir la même somme (par exemple, les 100 € annuels payés en moyenne pour la facture d'eau) dans différentes rubriques. Ces rubriques pourraient être, sur l'eau:
1/ construction et gestion des stations d'épuration,
2/ Entretien écologique des rivières et plans d'eau
3/ Diminution des pollutions diffuses
4/ Potabilisation de l'eau
5/ Contrôles des utilisations (irrigation, industrie, hydroélectricité, …)

A titre personnel, je voterai ainsi pour répartir "mes" 100 euros: et vous ??
1/ construction et gestion des stations d'épuration: 25 €
2/ Entretien écologique des rivières et plans d'eau: 10 €
3/ Diminution des pollutions diffuses: 25 €
4/ Potabilisation de l'eau: 25 €
5/ Contrôles des utilisations: 15 €

En totalisant tous les "votes" on obtient un budget qui s'imposerait alors aux gouvernants,: ils devront respecter l'objectif décidé par la somme des "votes": ils ne garderont le pouvoir que sur la mise en oeuvre de ce budget, ce qui n'est pas négligeable...
Ce "vote budgétaire" n'est pas nécessairement anonyme, il peut être fait lors de la déclaration d'impôt, ou par correspondance, l'informatique permet aujourd'hui de traiter facilement les calculs que suppose ce type de suffrage "budgétaire":

Si cette "démocratie budgétaire directe" existait, croyez-vous que 100 000 agriculteurs productivistes européens continueraient à accaparer 50 % du budget de toute l'Union Européenne, au détriment des 250 millions d'autres habitants?
Ai-je été consulté pour "décider" que la recherche, la formation professionnelle et la santé n'auront que 3 % seulement du budget européen à se partager ?
Qui l'a décidé ainsi pour nous ?
Nos "représentants" ne nous représentent plus, car ils sont assaillis par des lobbyistes qui défendent les intérêts particuliers d'une corporation.
La démocratie budgétaire directe coupera l'herbe sous le pied à tous ces lobbyistes parce qu'ils devront s'adresser à tous les électeurs pour essayer de les convaincre… et ça va faire beaucoup de voyages aux Seychelles à payer…

bravo pour ton site, Loïc ONEMA

pascal l'ami (céréalier)