Des chiens meurent après avoir bu l'eau du Tarn !

Publié le par Onema

Peut-être avez-vous appris à la télé ou dans la presse la mort de quelques dizaines de chiens après qu’ils aient bu de l’eau du Tarn.

 En fait, ce drame dure depuis au moins 3 ans et une étude est actuellement en cours pour comprendre le phénomène .

 Les empoisonneuses sont des cyanobactéries !

 Les cyanobactéries sont des organismes procaryotes, donc des bactéries, avec des pigments photosynthétiques identiques à ceux que l’on trouve chez les plantes supérieures, ce qui explique que pendant longtemps elles ont été classées parmi les algues et qu’elles s’appelaient algues bleues ou cyanophycées. Elles sont installés sur terre depuis au moins trois milliards d’années.   

 Les plus connues sont ce qu’on appelle les fleurs d’eau qui produisent sur certains plans d’eau, comme une couche de peinture grasse de couleur verdâtre avec des reflets tirant sur le bleu, ou rougeâtre comme le « sang des bourguignon » sur le lac du Bourget.  

 

 Dans certaines conditions on observe des proliférations extrêmement importantes de ces organismes.  Ces phénomènes traduisent un déséquilibre de la microflore planctonique, une espèce devient dominante presque toujours en été et en période de sécheresse.

 Les scientifiques étudient activement ces bactéries car elles pourraient devenir une source de protéines mais surtout parce que certaines espèces fabriquent des toxines. Ainsi en France, différentes équipes (principalement de l’INRA, de l’Institut Pasteur et de l’AFFSA) collaborent au sein du GIS CYA.

 Ces espèces ont développées cette caractéristique pour se protéger de leurs prédateurs (le zooplancton et des invertébrés). Il y a 3 types de toxines :

* des dermatotoxines qui vont provoquer des irritations;

* des hépatotoxines, famille très diversifiée et produite par de nombreuses espèces à l’origine d’hémorragies hépatiques.

* des neurotoxines qui provoquent des «  hyperstimulations » musculaires.

A la mort des milliards de bactéries qui se développent lors des proliférations, les toxines sont libérées en quantités suffisantes pour devenir dangereuses.

 Des cas d’intoxications concernent aussi bien les animaux domestiques (bétail bovin et ovin, animaux de compagnie comme les chiens) que les animaux sauvages (poissons, oiseaux, éventuellement des mammifères comme les rats musqués). Certains pisciculteurs du Forez connaissent des mortalités de carpes dues à la présence de cyanobactéries. Sur les animaux, le délai d’apparition est extrêmement court. Le décès résulte d’une paralysie des muscles respiratoires, il peut intervenir en moins de 30 minutes si l’animal ne reçoit pas de soins permettant de maintenir la respiration.

Il y a donc un impact économique et environnemental. Mais il y a aussi un risque pour l’homme.

 En effet nous ne sommes pas à l’abris de certaines toxines : « En premier lieu, les patients se plaignaient de signes généraux (malaises, faiblesse, fatigue, myalgies), par la suite des symptômes neurologiques ont été décrits (vertiges, troubles de la vue, troubles de l’audition, voire des convulsions dans les cas les plus graves). Un décès est possible dans la semaine ou les dix semaines qui suivent une exposition importante».

 En France, les cyanobactéries ne se développent pas que dans le Tarn. Toutes les régions sont concernées. A titre d’exemple : en Bretagne, plusieurs sites de baignade ont été fermés en 2004 par arrêtés municipal ou préfectoral (Caurel, Mael-Carhaix, Mur De Bretagne, Saint-Andre-Des-Eaux). En Champagne-Ardenne, en 2003, un chien est mort après avoir bu l’eau d’un étang, en 2002, la baignade a été fermée sur une partie du lac du Der en 2002. La base de loisir de l’étang de Bairon est régulièrement fermée. En auvergne, la baignade est interdite dans un étang de la forêt de Tronçais ...

 

 

  Mais pourquoi ces proliférations ?

 

 

 

 En fait ces développements anormaux de ces algues toxiques sont une des manifestations possibles de l’eutrophisation des cours d’eau et des plans d’eau.

  L’eutrophisation, c’est l’enrichissement du milieu en éléments nutritifs (Azote et phosphore). Dans le cas des cyanobactéries c’est un problème de phosphates car ces organismes sont capables d’assimiler l’azote présent en grande quantité dans l’air et dissout dans l’eau.

 Les phosphates peuvent être d'origine naturelle mais leur présence dans les eaux sont plus souvent d'origine artificielle (engrais, détergents, lessives, produits chimiques, etc.). Ainsi en Seine-Normandie 70% du phosphore est rejeté dans les milieux par les collectivités et 24% par les activités agricoles.

 

   La seule solution pour éviter ces problèmes à l’avenir sera donc de limiter de manière drastique les quantités de phosphore rejetées dans les milieux. Alors franchement, pour votre santé et celle de vos enfants, pour préserver votre environnement, commencez par ne plus utiliser que des lessives sans phosphates.

 

 Mais n’attendez pas de miracle car les phosphates s’accumulent dans la vase, la chaleur et/ou l’activité des poissons fouisseurs (carpes, brèmes) peut les « re-mobiliser ». Ainsi même après leur interdiction dans les lessives, ou l’installation de stations d’épuration très performantes, le problème pourra persister pendant plusieurs années. Voila donc un exemple d’arrogance de l’homme vis-à-vis de la nature. Une autre fois je vous parlerai peut-être d’autres produits encore plus dangereux comme les PCB, le DDT, l’atrazine, ou pourquoi pas les déchets radioactifs que nous produisons sans nous soucier de l’avenir que nous fabriquons pour nos enfants. Messieurs les politiques, vous parlez de déficit public ? Je parle d’espérance de vie !

 

  Pour en savoir plus, je vous recommande : 

 la page de l'Université de Bretagne sud

La page de l'Université de Savoie

Le bulletin de liaison de l'Observatoire Départemental de l'Environnement des Côtes d'Armor (très bien illustré)

Le compte rendu du colloque du GISCYA (très complet et scientifique) 

 

 

 

Publié dans divers

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sandrine 08/09/2008 16:53

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boutin 19/03/2008 18:21

12ème législature
Question N° : 89510 de M. Morel-A-L'Huissier Pierre ( Union pour un Mouvement Populaire - Lozère ) QE
Ministère interrogé : écologie
Ministère attributaire : écologie
Question publiée au JO le : 21/03/2006 page : 2929
Réponse publiée au JO le : 27/06/2006 page : 6823
Date de signalisat° : 20/06/2006
Rubrique : cours d'eau, étangs et lacs
Tête d'analyse : pollution et nuisances
Analyse : cours d'eau. cyanobactéries. conséquences. Lozère
Texte de la QUESTION : M. Pierre Morel-A-L'Huissier attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie et du développement durable sur les problèmes récurrents en France liés à la présence de cyanobactéries dans les cours d'eau. Ce problème affecte à l'heure actuelle tout particulièrement le département de la Lozère, dans les gorges du Tarn, et provoque angoisses et craintes pour la santé et l'activité économique. Un certain nombre de mesures et d'études sont prises mais ce problème crée une image négative dans un département considéré comme le château d'eau de la France. Il souhaite connaître la réalité des études menées sur cette problématique dans notre pays et à l'étranger, les risques pour les vies humaines et les animaux et les mesures que le Gouvernement a mis en place en la matière.
Texte de la REPONSE : La ministre de l'écologie et du développement durable a pris connaissance, avec intérêt, de la question concernant les problèmes récurrents en France liés à la présence de cyanobactéries dans les cours d'eau. Cette problématique de cyanobactéries dans les cours d'eau est évoquée depuis plus de dix ans. La presse s'en est fait écho, notamment concernant des morts de chiens sur la rivière Tarn. Ceci étant, pour l'instant, il n'y a aucune preuve scientifique pour que ces mortalités puissent être formellement attribuées à des cyanobactéries. Il convient d'être prudent et de ne pas tirer de conclusions trop hâtives car, jusqu'à présent, les problèmes liés aux cyanobactéries sont connus sur des eaux stagnantes mais pas sur des eaux courantes comme celles du Tarn. Par ailleurs, compte tenu des symptômes décrits par les propriétaires de chiens, les morts pourraient avoir d'autres causes. Le ministère de l'écologie et du développement durable, n'ayant pas compétence en matière de santé publique, s'est rapproché du ministère de la santé. Ce dernier, ainsi que les services vétérinaires et de santé locaux, suivent ce dossier, donnent des consignes aux préfets et ont diligenté une expertise sur cette question. Le ministère de la santé a saisi les instances d'expertises nationales que sont les agences françaises de sécurité sanitaire de l'alimentation et de l'environnement (AFSSA et AFSSE) qui doivent prochainement rendre leurs conclusions.

jcm 07/10/2005 13:29


Bonjour,


Suite à une réflexion sur les solutions choisies par le gouvernement j'ai fait un travail sur les biocarburants en essayant d'avoir une vision assez globale de cette question.

Une question qui entraîne à de nombreuses considérations, et qui m'a mené jusqu'à la maladie de Parkinson (qui pourrait trouver certaines de ses origines dans la pollution par les phosphates, selon des recherches récentes) en passant par les problèmes de traitements de déchets et d'effluents.

Cela donne une vingtaine de pages avec plus de 150 liens vers des sources variées, et probablement, selon le temps disponible, une évolutivité (ajout de textes et liens).

C'est en ligne sur http://activart.com/notre-monde/biocarburants-le-mauvais-choix.php

Cordialement,

jcm

Sire Petit Séb 27/09/2005 13:54

Rien d'étonnant, qui sème le vent récolte la tempête!!!
L'Homme aura a répondre de son comportement suicidaire, et ce devant le seul juge suprême: La Nature!!!

Marilys Loustalot 03/09/2005 08:57

Vraiment très heureuse d'avoir connu ton site (je vais le mettre dans "liens" sur mon blog). Les articles sont complets, innovants et très intéressants. Un grand bravo. A bientôt.