Demain la Terre

Publié le par Onema

Demain la Terre a mis en ligne un article politique qui me tient à coeur bien que ne concernant pas directement les cours d'eau. Nous avons longuement et collectivement rédigé ce texte depuis début août !

J'espère que ce débat vous interressera autant que moi et qu'il sera riche et fécond.

Histoire de le lancer, j'ai trouvé un article du monde qui va dans notre sens.  Comme ces URL sont labiles, je vous en fait ici un copier/coller.

Bonne lecture ci dessous et surtout sur DlT !      lol

"Après les reproches sur leur impuissance à réduire le chômage, les hommes politiques seront-ils un jour accusés d'être passés à côté de l'urgence écologique ? La hausse du pétrole, conjuguée au risque de changement climatique et à la perspective de la fin des énergies fossiles, aurait pu leur fournir l'occasion d'ouvrir un vaste débat. Cela n'a pas été le cas, ou en tout cas de façon très limitée.

Quitte à forcer le trait, le président de la Fondation pour la nature, Nicolas Hulot, avait raison d'observer, dans nos colonnes (Le Monde du 20 juillet), que, malgré les politiques officielles mises en place par les gouvernements successifs, "l'écologie demeure à quelques exceptions près la préoccupation dernière de nos gouvernements, de nos députés" . De son côté, la Commission de Bruxelles multiplie les remontrances, face aux retards ou réticences qui font de Paris l'un des "mauvais élèves" de l'Europe pour l'environnement.

De fait, parmi les principales forces politiques françaises, aucune ne porte vraiment ces préoccupations. Certes, le président de la République, en partie précisément grâce à la force de conviction de Nicolas Hulot, a ouvert la voie. Mais ses détracteurs lui reprochent de ne pas traduire ses intentions dans les actes. M. Chirac, il est vrai, a même eu du mal à convaincre son propre parti, l'UMP, d'accepter l'inscription dans la Constitution d'une Charte de l'environnement.

En dépit du coup de pouce donné par l'Elysée et Matignon aux énergies renouvelables et aux biocarburants, les énergies renouvelables sont en panne en France et auraient besoin d'une impulsion politique plus déterminée. Auparavant, deux ministres, François Loos (industrie) et Dominique Perben (transports), avaient émis l'idée, vite retirée, de ramener la vitesse maximale sur les autoroutes à 115 km/heure pour dépenser moins d'essence. Sans penser à rappeler que cette réduction aurait pu s'inscrire dans la lutte contre les gaz à effet de serre...

De même, les gouvernements Raffarin puis Villepin ont pris deux décisions qui vont à l'opposé du développement des transports en commun. En 2004, l'Etat a supprimé la ligne de crédit qui aidait les grandes agglomérations à se doter de réseaux de transports en commun, le plus souvent des tramways. Les élus, droite et gauche confondues, n'en sont toujours pas revenus.

Plus récemment, la décision de privatiser les sociétés d'autoroutes a coupé ses ressources à la nouvelle Agence de financement des infrastructures de transports de France (Afitf), destinée en principe à développer des modes de transports alternatifs à la route (rail, voie d'eau...). M. de Villepin a donné, le 1er septembre, de nouvelles assurances sur le financement de l'Afitf. Mais le mal est fait, en termes d'affichage de volonté politique.

A gauche, l'environnement n'a jamais fait partie de la culture du PS ou du PCF. Même si ces deux partis, sensibles à l'évolution de l'opinion, prennent ces sujets plus au sérieux depuis quelques années, au point d'en faire l'une des priorités de leurs programmes. Mais le dernier passage de la gauche au pouvoir, de 1997 à 2002, est loin d'avoir apporté une inflexion déterminante dans ce domaine.

"AUTRE MONDIALISATION"

L'amorce de polémique qui a éclaté au sujet de la hausse de l'essence entre les Verts et le PS, pendant l'été, a confirmé le clivage, à gauche, entre le parti écologiste et les autres : les socialistes, tout comme l'UDF, se sont contentés de demander que la TIPP flottante soit rétablie. Seule préoccupation, compréhensible par ailleurs : l'impact de la hausse du carburant sur le pouvoir d'achat des Français. Les Verts auraient voulu au contraire que la gauche profite de l'occasion pour ouvrir vraiment le débat sur l'énergie et les modes de transports.

Au demeurant, les divisions des Verts, et leurs capacités à s'autodétruire, font que leurs arguments ne sont plus très audibles. En outre, une partie d'entre eux restent proches d'une culture d'extrême gauche, qui privilégie les thèmes sociaux.

Plusieurs facteurs expliquent sans doute le retard français dans la prise de conscience écologique. Il s'agit de demander aux citoyens, aux lobbies et aux chefs d'entreprise de remettre en cause leurs propres comportements, d'où des mécontentements qui pourraient se traduire dans les urnes.

Par ailleurs, une tendance culturelle lourde traverse l'Europe, avec des pays du Nord plus sensibilisés à l'environnement qu'au Sud. Enfin, certains analystes jugent que, sous l'influence de l'hyper-médiatisation et des nouvelles technologies, avec leur flux continu d'information surabondante, la collectivité et ses dirigeants, obnubilés par le court terme, perdent l'habitude de raisonner à longue échéance.

Dans ce contexte, des groupes politiques marginaux et des associations demeurent les principaux vecteurs des préoccupations écologiques. Un décalage comparable s'était déjà produit sur le terrain économique et social. Des associations ­ Attac est la plus connue ­, et des groupes très minoritaires sont restés longtemps les principaux défenseurs d'une "autre mondialisation", opposée au néolibéralisme. Face à l'écho croissant de ce discours dans l'opinion, une partie des forces politiques classiques ont repris certains de leurs thèmes, en particulier pendant la campagne du référendum sur la Constitution européenne.

Le même scénario peut-il se reproduire avec les mises en garde sur l'environnement ? Au PS, Laurent Fabius évoque la "social-écologie". Les deux sujets, au demeurant, sont en partie liés. Si les libéraux, notamment les plus radicaux, sont souvent très discrets sur les questions environnementales, voire réfractaires à l'idée d'un combat contre le réchauffement climatique, c'est bien parce qu'ils savent que cette action passera un jour ou l'autre, en particulier en France, par des régulations nouvelles de l'économie.

Jean-Louis Andreani
Article paru dans l'édition du 21.09.05"

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philou 29/09/2005 22:37

les politiques sont ailleurs ; mais la crise pétroliere peut faire prendre conscience du danger de pénurie . en effet en développant des énergies renouvelables on améliore notre environnement .par ailleurs l'écologie n'interesse personne ou très peu d'ou le désintéret des politiques . enfin moi j'y crois et j'essaye comme toi d'informer et débattre de notre planète en danger .

Ysengrin 27/09/2005 13:58

"les hommes politiques seront-ils un jour accusés d'être passés à côté de l'urgence écologique ?"

Faut espérer... Faire péter un essai nucléaire, ça s'appelle comment ? Moi je penche pour le crime contre l'humanité...