Quelle horreur.
Il est vrai que je n'ai plus posté depuis longtemps et à première vue c'est une conséquence de mon absence. Je m'excuse de ce désagrèment auprès dee personnes qui au hasard de google ou d'autre liens ont aboutit ici.
Au fait vous ai-je annoncé la naissance de l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques ?
Le décret qui sert d'acte de naissance à cet établissement public a été publié le 27 mars dernier.
Le CSP est donc mort le 27 avril 2007. Vive l'ONEMA.
Voilà à quoi va servir cet Office :
" « Au titre de la connaissance, de la protection et de la surveillance de l'eau et des milieux aquatiques, l'office mène en particulier des programmes de recherche et d'études consacrés à la structure et au fonctionnement des écosystèmes aquatiques, à l'évaluation des impacts des activités humaines, à la restauration des milieux aquatiques et à l'efficacité du service public de l'eau et de l'assainissement.
« Au titre de l'appui fourni aux acteurs publics dans le domaine de l'eau, l'office assiste le ministère chargé de l'environnement notamment dans l'élaboration de la réglementation tant européenne que nationale et pour sa mise en oeuvre, dans la coordination de l'établissement des programmes de surveillance de l'état des eaux prévus par l'article L. 212-2-2 et dans les actions de coopération internationale.
« L'action de l'office à ses différents échelons territoriaux complète celle des services de l'Etat et des agences de l'eau. L'office assiste notamment les comités de bassin pour la réalisation de l'analyse des incidences des activités sur l'état des eaux ainsi que des analyses économiques des utilisations de l'eau prévues par l'article L. 212-2-1.
« Au titre de la réalisation du système d'information, l'office recueille les données et indicateurs relatifs à l'eau, aux milieux aquatiques et à leurs usages ainsi qu'aux services publics de distribution d'eau et d'assainissement. Il définit le référentiel technique permettant l'interopérabilité de ses dispositifs de recueil, de conservation et de diffusion et le met à disposition dans des conditions fixées par décret."
Rien de bien interressant dans ce décret sauf cette mauvaise nouvelle pour tous les ichtyologue ou hydrobiologisqte qui espéraient un jour travailler au CSP. L'article 8 du décret précise : "Toute référence au Conseil supérieur de la pêche figurant dans un texte réglementaire est remplacée par la référence à l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques, à l'exception de la référence qui y est faite dans l'annexe du décret n° 84-38 du 18 janvier 1984 susvisé."
Mais qu'est ce que cela veut dire ?
Et bien, il n'y aura plus que des fonctionnaires à l'ONEMA ! Ca tombe bien il y en a trop. Notre Président veut recycler les douaniers.
Au fait vous connaissez une école de fonctionnaire qui forme des spécialistes des milieux aquatiques, vous?
Qui a dit L'IFORE ? ;-D
Une des première énergie utilisée par l’homme après sans doute le feu, a été celle de l’eau qui s’écoule. Les romains connaissaient la roue à aube et la construction de barrages qui permettent d’augmenter la puissance de la rivière (en augmentant la chute d’eau) et de stocker cette énergie en retenant l’eau.
Dès le moyen age, les barrages ont été réglementés et a de rares exceptions près, seuls les seigneurs ou les moines (pour les digues d’étangs) avaient le droit de posséder et de concéder l’exploitation d’un moulin. A la révolution, cet usage s’est démocratisé, mais l’Administration des Eaux et Forêts, s’est vue chargée de garantir les différents usages du cours d’eau lors de chaque création de barrage.
En savoir plus sur le site du moulin de la mousquere
Le retour a la dynamique normale peut être violant comme en 1959 où la vague générée par la rupture du barrage de Malpasset fit 423 morts à Fréjus.
Lors de chaque disparition d’un seuil, la rivière doit retrouver un équilibre de pente. Cela se traduit par des reprises d’érosion jusqu’au nouvel équilibre. Ce phénomène est très bénéfique pour l’écosystème en régénérant les frayères pour les poissons, les berges pour les oiseaux, les zones humides, etc. Mais il peut aussi avoir des incidences sur les bâtiments et ouvrages d’art (pont, route) en bordure de cours d’eau et sur les niveaux d’eau en crue.
Malheureusement pour la nature, les activités humaines ne supportent pas qu’un cours d’eau puisse revendiquer cette liberté. On construit donc des digues, des drains, on détourne les cours d’eau. Dans le temps on les curait, maintenant on les entretient. Et pour les barrages, la loi prévoit que les plus grands doivent faire l’objet d’une vidange décennale pour surveiller leur infrastructure.
Ou mais voila, le magazine Capital et toute la presse par la suite, a révélé que sur les 450 barrages gérés par EDF (les plus rentables donc les plus gros et dangereux en cas de rupture), 200 d’entre eux sont vétustes et présentent des risque de "rupture" ou d'"effondrement". Une centaine sont même jugés dangereux.
EDF annonce alors que pour rattraper ce défaut d’entretien, elle a prévu un demi milliard d’euros. Mais il faudra 80% de cette somme pour restaurer le seul barrage de Tuilières sur la Dordogne qui … est tombé il y a un an !
Pourquoi un groupe qui annonce un bénéfice de 5,6 milliards d'euros en 2006, soit +73,5% a négligé l’entretien de son outil de production ? Est-ce pour satisfaire son actionnariat ? Fait-il la même chose avec ces centrales nucléaires ?
Enfin il convient de s’interroger sur cette étonnante campagne de presse. A qui profite t’elle ? Comment un tableau (non signé) mais barré d’un confidentiel est il parvenu aux journalistes de Capital ?
La restauration d’un barrage est soumise a autorisation administrative. L’autorité administrative peut profiter de cette démarche pour imposer des mesures compensatoires (passe à poissons, grilles empêchant le passage des poissons dans les turbines, débit réservés dans les bras court-circuité) pour atteindre le bon état écologique des cours d’eau. Une procédure d’urgence peut légalement permettre des travaux sans ces investissements écologiques, les repoussant ainsi aux calendes grecques.
Autre étrangeté du calendrier, le 15 février dernier, le conseil des ministre européens est revenu sur le caractère contraignant des 20 % d'énergie renouvelable d’ici 2020. Les ministres se sont prononcés pour que cet objectif reste seulement indicatif.
Condamnation européenne qui s’éloignent et barrages en ruine, que reste t’il ? Le nucléaire pardi !
Dépêche Yahoo.
Le livre V de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (la LEMA) adoptée le 30/12/2006, fixe un nouveau cadre pour la pêche en France.
L’Union nationale pour la pêche en France devient une fédération ayant caractère d’établissement d’utilité publique. L’adhésion des fédérations départementales à cette fédé nationale devient obligatoire.
L’article 91 de la LEMA en fixe (en 2 alinéas) les missions :
-« Elle est chargée de la promotion et de la défense de la pêche de loisir aux lignes, aux engins et aux filets. Elle participe à la protection et à la gestion durable du milieu aquatique et contribue, notamment financièrement, à des actions de gestion équilibrée, de protection et de surveillance du patrimoine piscicole, ainsi qu'à des actions de formation et d'éducation à l'environnement ».
- « Elle est consultée sur les mesures réglementaires concernant la pêche de loisir ».
D’important moyens lui sont octroyés : en effet l’ex- taxe piscicoles qui finançait le CSP (29,5 € pour la taxe complète en 2006) devient une redevance au agences de l'eau et tombe à 8,80 € en 2007. Comme la FNPF n’a pas prévue de diminuer le prix de la carte de pêche (constitué aussi d’une adhésion obligatoire à une association de pêche et de protection du milieu aquatique et d’une cotisation à la fédération départementale). La différence de taxe constituera le budget de l’FNPF soit environ 20 millions d’Euros par an.
Le 5 février s’est tenue la première assemblée générale constitutive de la FNPF. A l’issue Monsieur ROUSTAN Claude (Président sortant de feu l’UNPF) en a été élu président.
Souhaitons lui aussi de ne pas refaire avec ses gardes particuliers et ses chargés d’études, les mêmes erreurs de gestion (des milieux et des personnels) que feu le CSP crée en 1941 sous l’appellation de «Comité central des fédérations départementales» un peu pour les mêmes raisons qu’aujourd’hui, cette fédération nationale.
La terre meurt - Charles Aznavour - Album "Colore ma vie"
Les océans sont des poubelles
les fonds de terre sont souilles
les tchernobyls en ribambelles
voient naître des foetus mort nés
dans cinquante ans qu'allons nous faire
de ces millions de détritus
et ces déchets du nucléaire
dont les pays ne veulent plus
Sous nos pieds la terre promise
patrimoine de nos enfants
petit à petit agonise
et je m'en soucis
et pourtant les espèces devenues rares
sont en voie de disparition
et la laideur chante victoire
sous le plastic et le béton
la terre meurt
l'homme sans fou
il vit sa vie
un point c'est tout
il met à son gré à son goût
le monde sans dessus dessous
la Terre meurt
où allons nous
Dans la finance et les affaires
le pétrole est le maître mot
il mène a tout
même a la guerre
et nul ne s'inquiète de l'eau
ou en sont la flore et la faune
et qu'advient-il du firmament
prive de la couche d'ozone
gardien de l'environnement
sous le ciel le sol se révolte
car l'homme trompe la nature
quand il trafique les récoltes
il hypothèque son futur
sous le soleil les forêts brûlent
et l'on gave les champs d'engrais
dans la boulimie majuscule
du rendement et du progrès
la terre meurt
l'homme s'en fou
il vit sa vie un point c'est tout
il met a son gré a son goût
le monde sans dessus dessous
la terre meurt
ou allons nous
il est temps de prendre conscience
que l'homme ne respecte rien
il se fiche de l'existence
des baleines et des dauphins
l'éléphant meurt pour son ivoire
la bête rare pour sa peau
et dans les grandes marées noires
le mazout englue les oiseaux
la société consommatrice
avance impunément ses pions
tandis que les arbres pourrissent
dans les villes et leurs environs
la sécheresse se déchaîne
effaçant tout signe de vie
et certaines races humaines
crèvent d'abandon et d'oubli
la terre meurt
l'homme sent fou
il vit sa vie
un point c'est tout
il met à son gré à son goût
le monde sans dessus dessous
la Terre meurt
où allons nous
la Terre meurt
Réveillons nous
Un coup de coeur. J'ai eu envie. Comme ça...
A peine la loi sur l’eau et les milieux aquatiques votée et publiée le marathon des décrets d’application commence.
Elections et devoir de réserve des fonctionnaires obligeant, il s’agit d’aller vite. Mais qu’elle est donc la première urgence ?
Il faut créer l’Office Nationale de l’Eau et des Milieux Aquatiques.
Je vous invite à lire eaux glacées, le blog du toujours très bien renseigné Marc Laimé. Dès le 15 janvier le Comité National de l’Eau a examiné le décret de fonctionnement de l’Office qui doit être crée au plus tard au 1/7/2006 et celui qui détermine son mode de financement.
Pour rappel, l’Office est fondé à partir de feu le CSP. En plus de ses actuelles missions de maintien, d'amélioration et de mise en valeur du domaine piscicole, le nouvel établissement public aura en charge :
- la mise en place et la coordination technique d’un système d’information visant au recueil, à la conservation et à la diffusion des données sur l’eau, les milieux aquatiques, leurs usages et les services publics de distribution d’eau et d’assainissement (observatoire du prix de l’eau).
- garantit une solidarité financière entre les bassins et notamment vis-à-vis des DOM et TOM (le financement de stations d’épuration).
Le traitement de ces nouvelles missions est assez inquiétant. Le CSP est en majorité constitué d’agents techniques dont les taches administratives ne doivent pas devenir le métier. Jusqu’à maintenant le CSP n’octroyait de subventions qu’aux collectivités piscicoles et à quelques études scientifiques (5 millions d'euros par an au maximum). De même rares ont été les appels d’offres et les marchés passés par cet établissement pour la réalisation d’étude. Personne ne sait instruire un dossier de demande d’aide. La mission informatique qui aura à charge le Système d’Information sur l’Eau n’est composée que d’une poignée de personnes…
Pour les personnels du CSP, l’enjeu du décret est de préserver leurs métiers et leur technicité. qui en les plaçant sur le terrain leurs permet de protéger l'environnement.
Pour
Il serait en effet fâcheux qu’une "septième agence" puisse constater que les 14 milliards des redevances (de 2007 à 2012) n’auraient pas permis d’améliorer les écosystèmes ou la qualité de l’eau distribuée au robinet. La maîtrise de l’outil d’évaluation de l’atteinte des objectifs est cruciale. C’est pourquoi les directeurs d’Agences ont exigé à ce que soit inscrit dans le décret que l’Office participe au système d’information sur l’eau directement (pour les poissons que le CSP suivait déjà) mais par l’intermédiaire des agences de l’eau pour les autres compartiments (macro-invertébrés, diatomés, plancton et physico-chimie)
Il s’agit aussi d’éviter que les futures délégations interrégionales de l’Office n’empiètent sur les nouvelles missions attribuées aux agences de l’eau par
Dernier point d’achoppement mais cette fois ci entre agence : la répartition du prélèvement pour constituer le budget de l’Office. Il s’agissait pour Seine-Normandie d’éviter à tout pris que la répartition se fasse au prorata de la population urbaine de chaque bassin ce qui aurait conduit cette agence à financer la moitié des 108 million d’Euros. L’accord trouvé aboutit à :
| Adour-Garonne | 9 080 000 € |
| Artois-Picardie | 7 600 000 € |
| Loire-Bretagne | 16 330 000 € |
| Rhin-Meuse | 6 420 000 € |
| Rhône-Méditerranée-Corse | 25 910 000 € |
| Seine-Normandie | 42 660 000 € |
Mais personnellement je ne comprends pas du tout ces inquiétudes puisque l’Office sera aux ordres du MEDD puisque le conseil d’Administration donne la part belle aux fonctionnaires 9 représentants de 9 ministères et … les 6 directeurs d’Agences (qui s’inquiètent donc bien à tord) face à 14 représentants des élus (dont certainement des membres des comités de bassins) et des usagers.
Moi je me demande pourquoi créer un établissement public plutôt que de renforcer une direction du ministère si il n’a aucune autonomie de fonctionnement : ni budgétaire ni technique ?
On a pu apprendre cette semaine dans un colloque organisé par le principal syndicat de producteurs autonomes d’hydro-électricité qu’EDF ne pensait pas pouvoir augmenter significativement sa production.
Bien que le rapport du très incompétent haut fonctionnaire pour le développement durable DAMBRINE, propose que d'ici 2015, la filière produise 7 TWh supplémentaires par an dont 4TWh par des microcentrales. Jean Wencker, membre du Comité National de l’Eau, Vice président d'Alsace Nature et membre du directoire du réseau Eau de France Nature Environnement précise ici que EDF a déclaré se refuser à équiper des sites où l'investissement ne serait pas amortissable. Les microcentrales de moins de 100kW ne peuvent compenser les coûts environnementaux par leurs bénéfices énergétiques et que jusqu'à 1MW il faut soigneusement analyser la balance coût-bénéfice pour y voir des ouvrages d'intérêt public !
En effet
De plus elle réaffirme que tout ouvrage à construire dans le lit d'un cours d'eau doit comporter des dispositifs maintenant dans ce lit un débit minimal garantissant en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces vivant dans les eaux au moment de l'installation de l'ouvrage. A compter du 1er janvier 2014, ce débit minimal devra être égal à 1/10e du débit moyen annuel du cours d'eau, au 1/20e sur les cours d'eau importants (module>80m3/s), sur les cours d'eau au régime atypiques (méditerranéens ?) et pour les barrages qui contribuent, par leur capacité de modulation, à la production d’électricité en période de pointe de consommation et dont la liste est fixée par décret en Conseil d’Etat (Art 214-18 du CE).
C’est pourquoi, aujourd’hui certains cadres d’EDF considèrent que quasi tous les sites exploitables de façon économiquement rentable sont équipés et que le simple fait de maintenir la production à son niveau actuel est un défi qui ne sera pas facile à relever. L’avenir de l’hydroélectricité n’est donc plus aux barrages mais aux STEP (Station de transfert d’énergie par pompage) qui constituent un des rare moyen de stocker l’électricité : on pompe de l’eau vers un bassin en altitude quand les centrales nucléaires produisent plus qu’on ne consomme et on la lâche à travers une turbine en période de pointe.
Même la conclusion de Mme Olin est facteur d'espoir. « le rôle de l’hydroélectricité dans l’effort de développement des énergies renouvelables ne peut être que marginal. L’atteinte des 21% de la consommation d’électricité à partir d’énergie renouvelable dépend prioritairement des économies d’énergie et du développement des autres sources d’énergies renouvelables qui, partant de pratiquement zéro, ont un potentiel capital..», Pour l’hydro-électricité elle a affirmé que c’est le progrès technique des nouvelles turbines à installer sur les sites actuellement en activité qui permettra de gagner jusqu’à 35% d’énergie.
La LEMA (loi sur l'Eau et les milieux aquatiques) a été adoptée aujourd'hui après une rapide concertation entre 7 sénateurs et autant de députés...
Je vous conseille la lecture de l'article de Marc Laimé sur son blog "Eaux glacées ...".
Evidemment, le Ministère se félicite des "avancées" de cette loi.
Faites vous votre propre idée...
Moi pour avoir suivi une grande partie des débats, je suis écoeuré.
Les cours d’eau ont subis de multiples agressions depuis que les hommes se sont installés sur leurs berges. En effet outre bien évidemment la ressource en eau pour la boisson ou les lavoirs, ils sont souvent une des premières voies de communication et une source d’alimentation. Très tôt ils ont malheureusement servis aussi d’égouts. Au moyen age ils ont connus leurs premiers moulins.
Au XIX ème siècle certains ont été canalisé pour améliorer la navigation : certains méandres ont été recoupés, les berges ont été stabilisées par des pierrés (puis au siècle dernier par des rideaux de palplanches). 
C’est aussi le siècle des premières digues pour luter contre les inondations. Les travaux de Tulla sur le Rhin sont sans doute parmi les plus impressionnants.

Au XX eme siècle tout s’est accéléré grâce au ... pétrole et bien sur aux machines que cette énergie bon marché alimente. Les tractopelle ont sur creusé les rivières canalisés, construits des barrages colossaux totalement infranchissables pour les poissons, pour construire les routes et les villes les matériaux du lit des cours d’eau ont été prélevés. D’abord dans le cours d’eau lui même (lit mineur) entraînant un enfoncement de la rivière et de la nappe phréatique responsable d’une perte considérable de zones humides (annexes hydrauliques) qui se sont retrouvées soit asséchées soit déconnectées du cours d’eau donc plus fonctionnelles. Ensuite dans la plaine d’inondation (lit majeur) en laissant de vastes zones de plans d’eau découvrant donc polluant la nappe phréatique.

Après guerre, l’ingénierie publique a rectifié et recalibré les cours d’eau pour qu’ils évacuent plus vite les précipitations. Résultat sur des kilomètres les cours d’eau se sont encore enfoncés par augmentation de l’érosion (régressive) et les habitats piscicoles se sont banalisés. En aval, l’ampleur des crues a été sans précédent et d’une soudaineté jamais vue. En été des cours d’eau qui ne s’asséchaient jamais,
s’arrêtent de couler certains étés car les zones humides qui les alimentaient ont été drainées suite à ces curages.
La prise de conscience.
Ce n’est que dans les années 80- 90 que l’on a prises conscience de la catastrophe. D’abord en constatant la disparition des poissons. D’où la loi dite « pêche » en 1984 qui a protégés les frayères et les zones de repos ou d’alimentation des poissons, ainsi que rendu obligatoire le passage des poissons migrateurs sur certains cours d’eau.
La principale avancée sera celle de 1992 avec la loi sur l’eau qui outre de décentraliser la gestion de ce précieux liquide, soumettait à déclaration ou autorisations tous les travaux qui auparavant étaient réalisés sans aucune considération écologique.
Avec les SDAGE approuvées en 1996, un grand nombre de ces travaux soumis à autorisation n’ont plus pu se faire sans mesures compensant leur impact sur l’eau.
Le temps de la restauration
Initialisé dans une premier temps par les pêcheurs constatant le peu d’efficacité dans le temps des empoissonnements qu’ils réalisaient et constatant une amélioration de la qualité des eaux suite aux constructions de stations d’épurations financés par les Agences de l’eau, les premiers aménagements de frayères ont débutés dans les années 1990.
Avec
Différents guides techniques.
Si vous en avez marre de voir couler un chenal remplis de gardons et chevesnes devant chez vous, différents guides sont à votre disposition.
Je vous conseille :
- - le guide des petits aménagements piscicole de l’Agence d
e l’Eau Adour-Garonne et du CSP
- - Réhabilitation of river for Fish de
- - Le Brochet – Biologie et gestion de Francis Chancerelel collection CSP Mise au point
- - Stream corridor restoration du fédéral interagency stream restoration working group des states.
Mais récemment certains ont cherché à montrer l’efficacité de ces travaux.
Je vous ai déjà recommandé la plaquette sur la «Restauration physique des cours d’eau dans le Nord-Est de
Je vous invite maintenant à lire « La reproduction du brochet. Bilan des suivis en Bourgogne et en Franche-Comté » du même CSP
Mais surtout lisez le guide technique sur des retours d’expériences dans le bassin RMC, rédigé par JR Malavoi et le bureau d’études Biotec.
Les principes de base de ce document sont :
v plus un cours d’eau est puissant;
v plus ses berges sont facilement érodables;
v plus son transport solide est intense.
Ø meilleure sera la garantie de réponse positive du système;
Ø plus rapides seront les résultats;
Ø plus grande sera la pérennité des bénéfices écologiques de la restauration;
Ø et ceci à moindre coût, puisque le cours d’eau effectuera lui-même
Ø une partie du travail de restauration
Il rappelle que les capacités d’ajustement d’un cours d’eau étaient en grande partie fonction de sa puissance spécifique. « Un seuil majeur apparaît aux environs de 35 W/m2 au-dessus duquel la puissance naturelle de cours d’eau anciennement chenalisés a permis à ces derniers de se réajuster morphologiquement et de retrouver petit à petit une géométrie plus naturelle. Un seuil mineur est visible aux environs de 25 W/m2. Les autres valeurs de puissance ne permettent pas d’identifier de seuils supplémentaires. Cette valeur de la puissance doit être ajustée en fonction du substrat des berges et de la capacité restante de transport solide (présence de bans d’alluvions grossiers) ».
En conséquence, il convient de distinguer 3 niveaux d’ambition en restauration des lits mineurs:
· Niveau R1; objectif de restauration d’un compartiment de l’hydrosystème, souvent piscicole, dans un contexte où l’on ne peut réaliser une véritable opération de restauration fonctionnelle. Il s'agit régulièrement de mettre en place des structures de diversification des écoulements : déflecteurs, petits seuils, etc. Ce niveau d’ambition ne nécessite pas une grande emprise latérale. Il peut être mis en œuvre dans l’emprise actuelle du lit mineur ou légèrement augmentée. Il est à réserver en zone urbaine ou péri-urbaine, où les contraintes foncières sont importantes;
· Niveau R2; objectif de restauration fonctionnelle plus globale. L’amélioration de tous les compartiments aquatiques et rivulaires est visée : transport solide, habitat aquatique, nappe alluviale, ripisylve. Ce niveau nécessite une emprise foncière plus importante (de 2 à 10 fois la largeur du lit mineur avant restauration). Il peut être atteint par exemple par un réméandrage pour un cours d’eau rectifié, par un écartement des digues pour un cours d’eau fortement endigué, par la "remise" à ciel ouvert d'un lit de cours d'eau mis sous tuyau ou couvert, etc.;
· Niveau R3; niveau R2 + espace de mobilité ou de fonctionnalité. Restauration fonctionnelle complète de l’hydrosystème y compris de la dynamique d’érosion et du corridor fluvial. L’emprise nécessaire pour que ce niveau d’ambition soit pertinent est au minimum de l’ordre de 10 fois la largeur du lit mineur avant restauration.
Ces niveaux de restauration sont à croiser avec les capacités de récupération du cours d’eau.
Il faut rester conscient que des programmes de restauration inadaptés au type de cours d’eau peuvent soit ne pas résister aux crues, soit se révéler inefficaces pour atteindre le bon état écologique.
La technique existe donc. La demande européenne est clairement signifiée par
Un petit coup de pub...
J'invite les quelques lecteurs ssidus de ce blog à consulter celui de Marc Laimé, journaliste spécialisé et conseil sur les politiques publiques de l?eau auprès de collectivités locales.
"Les eaux glacées du calcul égoïste" existe depuis 2 mois maintenant et développe exactement les mêmes thèmes que cet éco-blog. Alors ne manquez pas ces lectures passionnantes et très bien informées.



